AVANT -PROPOS
Le 4e régiment de dragons portés, titulaire de deux citations au cours de la grande guerre,
portait déjà la fourragère verte.
Sa belle conduite pendant la campagne de 1940 lui valut une nouvelle citation a l'ordre de
L'armée. Depuis le 10 mai jusqu'à l'armistice, il lutta chaque jour avec discipline, avec décision,
Le plus souvent avec héroïsme, heureux eût-on dit de se sacrifier même quand il savait qu'il
Etait seul et que la partie était perdue.
Cette belle tenue, ce moral ardent, le 4e r.d.p. le devait a ses hommes et à ses gradés (pour la
plupart originaire du Nordet de l'Est) et qui, tous, dans cette garnison de Verdun , près de ces
champs de batailles à peine refermés, avaient sans cesse sous les yeux l'exemple magnifique
de leurs aînés . Il le devaient surtout à ses chefs.
Et parmi eux, comment ne pas citer en premier le colonel Lacroix. C'est lui qui tour à tour chef
d'escadrons puis lieutenant-colonel et colonel dans l'armée du Rhin, puis a Verdun, commanda
Le 4e bataillon cycliste transformé en d.p. Pour devenir en suite le 4e R. D. P. à deux puis à trois
bataillons. Aucun officiers, aucun dragons ne pourras dissocier le non de son ancien régiment
de celui de ce chef incomparable qui, sous les dehors les plus sévères et les plus rudes, l'esprit
continuellement tendu vers le devoir, savait aussi cacher le c½ur le plus sensible et le plus généreux.
nommés général de brigade quelques mois avant les opérations actives, il dut céder sa place au
colonel Vincens de causan qui grâce à son activité débordante à sa souriante et paternelle fermeté,
a su à son tour , en quelques semaines ,s'imposer à tous et se faire aimer.
Mais le sort n'a pas voulu que le colonel de causan conduisit jusqu'au bout le 4e Dragons,
tombé prés du Quesnoy aux mains de l'ennemi avec la plus grande partie du 3e bataillon,
il a su d'abord être le prisonnier du devoir, de la dure consigne de résister sur place en tenant
jusqu'à épuisement de ses moyens et de ses munitions.
Alors, le régiment déjà meurtri et amoindri dans ses effectifs sinon dans son courage passe sous
le commandement du chef d'escadrons Amanrich qui commandait le 1e bataillon . C'est lui devra le
conduire dans les Flandres, à Dunkerque, puis de l' Eure jusqu'en Dordogne, en d'incessants engage-
-ments. Le rude combattant à la poigne énergique, au parler direct, que déjà les hommes n'appellent
plus que « à la bataillle « sait insuffler à tous la volonté de se battre et de tenir. C'est lui qui commandera ce qui restait du régiment lorsque le 4e R.D.P. sera dissous le, le 31 juillet 1940.
Certes, bien des faits d'armes du 4e dragons pendant cette campagne restent encore obscurs ou ignorés. beaucoup de ceux qui ont été les témoins ou les acteurs ne sont pas là, ne seront plus jamais là.....
Aussi notre piété fervente, notre amour sont tournés vers nos morts, vers ceux que nous avons ensevelis dans l'action même du combat, vers ceux qui errent encore dans ce royaume qui n'est ni celui de la mort ni Celui de la vie et que l'ont appelle les « disparus » .
Notre affection se penche sur nos camarades blessés qui souffrent encore dans leur chair alors que le canon s'est tu depuis longtemps déjà, sur nos camarades prisonniers, plus vaillant peut-être que nous mêmes , en tous cas, moins heureux ; car depuis de longs mois séparés de leur patrie et de leurs affections, ils souffrent
de plus dans leur âme.
DECEMBRE 1940
J.T.